Découvrez les royaumes de l'Ouganda, l'histoire du Buganda, la crise de 1966, la restauration des souverains traditionnels en 1993 et la culture qui façonne encore l'Ouganda aujourd'hui.
Le 31 juillet 1993, Ronald Muwenda Mutebi II a été intronisé 36e Kabaka, c'est-à-dire roi, du Buganda. Son couronnement marquait la restauration d'un royaume que le gouvernement ougandais de l'après-indépendance avait aboli des décennies plus tôt. Cette restauration n'a pas recréé l'ancien État du Buganda. Le Kabaka ne revenait pas comme un dirigeant politique doté des pouvoirs d'un gouvernement. Le Buganda est revenu comme une institution culturelle, avec une maison royale, des structures claniques, des cérémonies, des institutions administratives et un parlement appelé le Lukiiko. Selon la Constitution de l'Ouganda, les chefs traditionnels ne peuvent pas exercer les pouvoirs administratifs, législatifs ou exécutifs du gouvernement.
Cette distinction est importante, car l'histoire du Buganda n'est pas simplement celle d'un roi qui survit à la chute d'une monarchie. C'est l'histoire de ce qui se passe quand une institution qui exerçait autrefois un pouvoir politique est abolie, alors que les identités sociales, les coutumes et les loyautés historiques qui l'entourent restent en place.
Le Buganda était l'un des nombreux royaumes puissants du territoire qui allait devenir l'Ouganda. Il a pris une importance particulière pendant la période coloniale, car la Grande-Bretagne a construit une grande partie de son administration du protectorat de l'Ouganda autour des structures politiques existantes du Buganda. Cet arrangement a donné aux chefs et administrateurs baganda une influence bien au-delà des frontières traditionnelles du royaume, tout en nourrissant des tensions avec d'autres communautés.
Après l'indépendance en 1962, ces questions non réglées sur le degré d'autorité que devaient garder le Buganda et les autres royaumes sont devenues une partie d'une lutte plus large sur ce que l'Ouganda lui-même devait être : une république centralisée, ou un État qui laisse une vraie autorité politique à ses royaumes traditionnels.
Le conflit a atteint un point de crise en 1966. Le Premier ministre Milton Obote a suspendu la constitution, a pris directement le contrôle du gouvernement, et l'armée a attaqué le palais du Kabaka à Mengo. Edward Mutesa II, qui était à la fois président de l'Ouganda et Kabaka du Buganda, s'est exilé en Grande-Bretagne. L'année suivante, l'Ouganda a adopté une nouvelle constitution qui déclarait le pays république et abolissait officiellement ses royaumes traditionnels.
Plus de vingt ans plus tard, la monarchie est revenue.
Mais elle est revenue dans un pays différent, sous un ordre constitutionnel différent, avec un rôle profondément différent.
Cette histoire aide à comprendre pourquoi le Buganda reste si important pour comprendre l'Ouganda d'aujourd'hui.
Avant que l'Ouganda ne soit un pays
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Les clans restaient la base de l'organisation sociale, et le Buganda dit aujourd'hui compter plus de 50 clans.
La République de l'Ouganda moderne a été créée à partir de territoires et de communautés politiques qui avaient déjà leurs propres histoires, dirigeants, langues et institutions. Les frontières du pays actuel ne décrivent donc pas une unité politique ancienne. Elles ont réuni plusieurs sociétés qui s'étaient développées de façon indépendante et qui étaient parfois en concurrence.
Le Buganda était l'un des plus puissants de ces États précoloniaux. À l'ouest se trouvait le Bunyoro, un autre grand royaume dont les souverains disputaient l'influence au Buganda. Plus au sud-ouest se trouvaient l'Ankole et le Toro, chacun avec ses propres traditions politiques et institutions royales. Dans d'autres parties du territoire vivaient des sociétés organisées autour d'autres formes de pouvoir : chefs de clan, chefferies et structures politiques locales.
L'histoire du Buganda mêle documents écrits et traditions orales. Selon la tradition du Buganda, Kintu était le Kabaka fondateur, mais les récits historiques du royaume gardent aussi d'autres versions de sa formation. Ces récits doivent donc être compris comme des traditions sur les origines du Buganda, et non comme les biographies précises d'une personne historique.
Ce qui est beaucoup plus clair, c'est la structure des institutions qui s'est développée avec le temps.
Le Kabaka était au centre du royaume, mais le Buganda n'était pas simplement un territoire où un seul roi prenait personnellement chaque décision. L'autorité passait par un réseau de chefs, de chefs de clan et d'institutions administratives. Les clans restaient la base de l'organisation sociale, et le Buganda dit aujourd'hui compter plus de 50 clans.
Le Lukiiko, souvent traduit par parlement du Buganda, est l'une des grandes institutions du royaume. Il ne faut pas le confondre avec le Bulange, le bâtiment de Mengo où siègent les institutions administratives centrales du royaume. La différence compte : le Bulange est le siège des institutions ; le Lukiiko est le parlement.
Cette histoire des institutions aide aussi à comprendre pourquoi l'abolition de la monarchie n'a pas forcément effacé le Buganda comme système social. Un gouvernement peut supprimer une fonction prévue par la constitution. Il est beaucoup plus difficile de faire disparaître les réseaux familiaux, les identités claniques, la langue, les pratiques religieuses, les souvenirs et les coutumes qui existent autour d'elle.
Comment la Grande-Bretagne a fait du Buganda un intermédiaire politique
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La Grande-Bretagne n'avait pas besoin de construire chaque structure administrative locale à partir de rien.
La présence européenne dans la région s'est renforcée au XIXe siècle. Des explorateurs britanniques ont atteint le Buganda dans les années 1860, et l'influence britannique s'est ensuite étendue par un mélange d'activité missionnaire, de diplomatie, de force militaire et d'administration coloniale.
En 1894, la Grande-Bretagne a officiellement créé le protectorat de l'Ouganda. Le Buganda est devenu central dans ce nouveau système colonial, car il avait déjà une structure politique centralisée avec laquelle les fonctionnaires britanniques pouvaient travailler.
Cela a produit l'un des traits les plus lourds de conséquences de l'Ouganda colonial.
La Grande-Bretagne n'avait pas besoin de construire chaque structure administrative locale à partir de rien. Elle pouvait utiliser les institutions existantes du Buganda et des chefs baganda comme intermédiaires dans certaines parties du protectorat. Cela a étendu la présence des administrateurs baganda au-delà du territoire traditionnel du royaume.
Cet arrangement était utile au gouvernement colonial, mais il a eu des conséquences après l'indépendance.
Pour les communautés hors du Buganda, la présence de chefs baganda agissant dans un système colonial britannique pouvait être vécue comme un prolongement de l'autorité coloniale plutôt que comme une forme neutre d'administration locale. En même temps, certains dirigeants baganda avaient leurs propres raisons de vouloir préserver l'autonomie du royaume.
Cela a créé une question politique difficile qui n'a pas disparu au départ des Britanniques :
Comment l'Ouganda pouvait-il devenir un seul pays indépendant tout en faisant une place à des communautés politiques qui avaient leurs propres institutions anciennes et leurs propres idées sur l'autorité ?
L'Ouganda allait passer une grande partie de ses premières années d'indépendance à se débattre avec cette question.
L'indépendance a créé un arrangement politique inhabituel
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Milton Obote est devenu Premier ministre, tandis qu'Edward Mutesa II est devenu le premier président de l'Ouganda.
L'Ouganda est devenu indépendant le 9 octobre 1962.
Milton Obote est devenu Premier ministre, tandis qu'Edward Mutesa II est devenu le premier président de l'Ouganda. Mutesa n'était pas seulement le président du pays. Il était aussi le Kabaka du Buganda.
Cet arrangement reflétait le compromis constitutionnel de l'époque. L'Ouganda était indépendant, mais le nouvel État comptait encore des royaumes dont les souverains gardaient des positions constitutionnelles et culturelles importantes.
L'arrangement était instable, car les grandes forces politiques n'étaient pas d'accord sur la part de pouvoir qui devait revenir au gouvernement central et celle qui devait rester aux royaumes.
Ce désaccord est devenu une crise en 1966.
Obote a suspendu la constitution et pris directement le contrôle du gouvernement. L'armée, alors commandée par Idi Amin, a attaqué le palais du Kabaka à Mengo. Mutesa a fui l'Ouganda et s'est finalement installé à Londres, où il est mort en 1969.
L'année suivante a apporté la rupture la plus décisive.
En septembre 1967, l'Ouganda a adopté une nouvelle constitution qui a fait du pays une république et aboli les royaumes traditionnels. L'ancien rôle constitutionnel du Kabaka a disparu, tout comme le statut politique officiel du Buganda et des autres royaumes.
Les dates comptent donc.
1966 est l'année de la crise constitutionnelle et de l'attaque contre le palais du Kabaka.
1967 est l'année où les royaumes traditionnels ont été officiellement abolis.
Cette distinction se perd facilement dans les récits populaires, mais elle explique comment l'ancien système a réellement été détruit sur le plan politique.
Les années où les royaumes ont disparu du gouvernement
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En 1986, le Mouvement de résistance nationale de Yoweri Museveni a pris le pouvoir après une longue guérilla.
Pendant plusieurs décennies, le Buganda n'a eu aucun gouvernement royal reconnu.
Les institutions politiques de la monarchie avaient été démantelées. Son autorité constitutionnelle officielle avait disparu. L'histoire politique de l'Ouganda est devenue encore plus agitée.
Obote a été renversé en 1971 par Idi Amin.
Les huit années de pouvoir d'Amin ont été marquées par de graves violations des droits humains, des persécutions politiques, des disparitions et des meurtres. Les Acholi et les Langi ont été particulièrement visés, à cause de leur lien avec Obote et de leur forte présence dans l'armée. En 1978, une estimation de la Commission internationale de juristes évaluait à plus de 100 000 le nombre de personnes assassinées sous Amin, et d'autres estimations sont nettement plus élevées. Il n'existe pas de bilan unique accepté par tous.
Amin a aussi ordonné l'expulsion des Asiatiques d'Ouganda en 1972. La population touchée était en grande partie d'origine sud-asiatique, avec des citoyens ougandais et des non-citoyens, et le nombre exact d'expulsés varie selon les estimations de l'époque. Les archives diplomatiques américaines de cette période montrent que des milliers d'Asiatiques ont été exemptés de l'expulsion, dont des citoyens ougandais, tandis que des dizaines de milliers ont été forcés de partir.
Les conséquences économiques ont été lourdes. Beaucoup de membres de la communauté asiatique d'Ouganda travaillaient dans le commerce, la distribution, l'industrie et les professions libérales. Leur départ forcé a désorganisé les entreprises et contribué au déclin de l'économie moderne de l'Ouganda sous Amin. Les analyses diplomatiques américaines de l'époque liaient clairement ces dégâts économiques à l'expulsion et aux nationalisations qui ont suivi.
Amin a été renversé en 1979.
Obote est revenu au pouvoir, mais son second gouvernement a connu une nouvelle période de conflit armé et de graves violations des droits humains. En 1986, le Mouvement de résistance nationale de Yoweri Museveni a pris le pouvoir après une longue guérilla.
L'ordre politique a encore changé.
Mais la question des royaumes n'avait pas disparu.
Le retour du Buganda
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La Constitution de 1995 a ensuite donné un cadre légal aux chefs traditionnels et culturels.
En 1993, le gouvernement ougandais a rétabli les royaumes traditionnels comme institutions culturelles.
Ronald Muwenda Mutebi II a été intronisé Kabaka du Buganda le 31 juillet 1993. L'histoire officielle du Buganda présente son intronisation comme la restauration du royaume après son abolition.
La Constitution de 1995 a ensuite donné un cadre légal aux chefs traditionnels et culturels.
L'article 246 permet aux chefs traditionnels ou culturels d'exister selon les coutumes et les souhaits des communautés qu'ils représentent. Mais la Constitution fixe aussi une limite claire : un chef traditionnel ou culturel ne peut pas exercer les pouvoirs administratifs, législatifs ou exécutifs du gouvernement de l'Ouganda ou des collectivités locales. Il est aussi interdit aux chefs traditionnels de faire de la politique partisane tant qu'ils occupent leur fonction traditionnelle.
C'est pourquoi parler du Buganda comme d'un « royaume restauré » peut induire en erreur si le lecteur prend le mot royaume dans son ancien sens politique.
Le Buganda est un royaume sur le plan culturel et institutionnel, mais ce n'est pas un État souverain à l'intérieur de l'Ouganda.
Le Kabaka ne dirige pas l'Ouganda.
Il ne fait pas les lois nationales.
Le gouvernement du Buganda ne remplace pas le gouvernement élu de l'Ouganda.
L'institution agit dans le domaine culturel : elle entretient les traditions royales, les relations entre clans, les sites historiques, les cérémonies et ses propres structures administratives.
Le Lukiiko reste le parlement de l'institution culturelle du Buganda, tandis que le Katikkiro, le Premier ministre exécutif, supervise une grande partie de l'administration du royaume.
Le résultat est une cohabitation inhabituelle : une république moderne contient des institutions traditionnelles reconnues par la Constitution, qui n'ont aucune autorité souveraine de gouvernement mais qui continuent de compter sur le plan social et culturel.
L'Ouganda est bien plus grand que le Buganda
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Venaient ensuite des communautés comme les Banyankore, les Basoga, les Iteso, les Bakiga et les Langi.
L'importance du Buganda ne doit pas cacher la diversité plus large de l'Ouganda.
Le recensement national de 2024 a compté plus de 45,9 millions d'habitants. Les Baganda formaient le plus grand groupe ethnique du pays, avec environ 7,04 millions de personnes. Venaient ensuite des communautés comme les Banyankore, les Basoga, les Iteso, les Bakiga et les Langi.
Cette diversité se voit dans les langues, la musique, les cérémonies, la cuisine et l'histoire politique de l'Ouganda.
Les Acholi et les Lango du nord de l'Ouganda ont une histoire profondément marquée par la violence de l'époque d'Amin, puis par l'insurrection de l'Armée de résistance du Seigneur.
Au plus fort de ce conflit, environ 1,84 million de personnes étaient déplacées à l'intérieur du nord de l'Ouganda, selon le HCR. L'Armée de résistance du Seigneur est devenue tristement célèbre pour ses attaques contre les civils et ses enlèvements d'enfants, dont beaucoup ont été forcés à combattre ou à jouer d'autres rôles.
Les conséquences ne se sont pas limitées aux années de combats les plus intenses. Les déplacements ont perturbé l'agriculture, l'école, la vie familiale et les économies locales, et beaucoup de communautés ont dû reconstruire après le retour des habitants dans des villages où ils n'avaient pas pu vivre en sécurité pendant des années.
Ailleurs, les Karamojong ont gardé des traditions pastorales bien à eux dans le nord-est de l'Ouganda, tandis que des communautés de l'ouest du pays ont développé leurs propres institutions royales et claniques.
Les listes du patrimoine culturel de l'Ouganda montrent l'ampleur de cette diversité. L'UNESCO reconnaît ou a inscrit des traditions comme la musique et la danse bigwala, jouées sur des trompes en calebasse dans le royaume de Busoga, la tradition des noms empaako chez plusieurs communautés de l'ouest de l'Ouganda, la tradition orale koogere des communautés basongora, banyabindi et batooro, les rites de purification lango et la musique et la danse ma'di à la lyre-bol.
Le résultat est un pays où le Buganda compte énormément, mais ne reste qu'une partie d'un paysage culturel bien plus vaste.
La langue : pourquoi le luganda dépasse les frontières du Buganda
L'Ouganda n'a pas de langue locale unique parlée par tout le monde.
La Constitution fait de l'anglais la langue officielle et du swahili la deuxième langue officielle, le Parlement fixant les cas où le swahili est utilisé. D'autres langues ougandaises peuvent aussi être utilisées dans l'enseignement et à des fins législatives, administratives ou judiciaires selon la loi.
Le luganda est particulièrement influent dans le centre de l'Ouganda et à Kampala, et il est largement compris au-delà du Buganda.
Sa portée tient en partie à l'influence politique et économique historique du Buganda. Pendant la colonisation, des chefs et administrateurs baganda travaillaient dans différentes parties du protectorat, et le luganda est devenu utile dans le commerce, l'administration et l'enseignement missionnaire.
Cela ne fait pas du luganda la langue commune de tout l'Ouganda. Le pays reste très multilingue, et l'usage des langues varie beaucoup selon les régions.
La religion a changé l'Ouganda, sans effacer les traditions plus anciennes
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Le christianisme s'est répandu rapidement à partir de la fin du XIXe siècle grâce aux missions catholiques et protestantes.
Le christianisme est aujourd'hui la tradition religieuse dominante en Ouganda.
Le recensement de 2024 a placé les catholiques romains en tête des appartenances religieuses, avec 36,2 % de la population, suivis des anglicans de l'Église d'Ouganda avec 29,0 % et des chrétiens pentecôtistes ou évangéliques avec 14,3 %. Les musulmans représentaient 13,2 %.
Cela signifie que l'Ouganda est très majoritairement chrétien si l'on additionne les grandes confessions chrétiennes, mais il serait faux de dire que les catholiques seuls forment une majorité.
L'islam est présent dans la région depuis bien plus longtemps que la période coloniale. Des marchands et des réseaux musulmans ont atteint les Grands Lacs avant la domination britannique, et l'islam s'est implanté au Buganda et ailleurs au XIXe siècle.
Le christianisme s'est répandu rapidement à partir de la fin du XIXe siècle grâce aux missions catholiques et protestantes.
L'un des épisodes les plus marquants a eu lieu sous le règne du Kabaka Mwanga II, quand des convertis chrétiens liés aux missions catholiques et anglicanes ont été exécutés dans les années 1880.
Le groupe dont on se souvient aujourd'hui sous le nom de martyrs de l'Ouganda est donc plus large que le groupe canonisé officiellement par l'Église catholique.
En 1964, le pape Paul VI a canonisé 22 martyrs catholiques ougandais : Charles Lwanga, Matthias Mulumba Kalemba et leurs 20 compagnons.
L'Église anglicane commémore aussi les chrétiens ougandais tués à la même époque.
Chaque année, le 3 juin, l'Ouganda célèbre la Journée des martyrs, et Namugongo devient le centre de grands pèlerinages religieux.
Cette histoire montre aussi pourquoi l'appartenance religieuse officielle ne dit pas tout des croyances.
Le Buganda avait ses propres traditions religieuses autour des balubaale, des êtres spirituels liés à des lieux, des pouvoirs et des domaines précis. L'appartenance déclarée à la religion traditionnelle est aujourd'hui très faible : le recensement de 2024 n'a compté que 0,1 % de la population sous cette catégorie. Mais les catégories du recensement mesurent l'appartenance religieuse déclarée, pas toutes les pratiques coutumières qu'une personne peut suivre à côté du christianisme ou de l'islam.
Cette distinction compte quand on parle de la vie religieuse en Afrique. Une personne peut se dire chrétienne tout en participant à des pratiques familiales, claniques ou culturelles d'origine bien plus ancienne.
La cuisine raconte une autre partie de l'histoire
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On fait un Rolex en plaçant une omelette, souvent aux légumes, dans un chapati et en roulant les deux ensemble.
La cuisine ougandaise varie selon les régions, car le pays lui-même varie par son environnement, son agriculture et son histoire culturelle.
Le matoke, la banane à cuire que l'on prépare souvent à la vapeur puis en purée, est surtout associé au centre et à l'ouest de l'Ouganda et c'est l'un des aliments de base les plus connus du pays. On le sert souvent avec des sauces à base d'arachides, de viande, de haricots ou de légumes.
La farine de maïs, appelée posho, est aussi très consommée, avec le manioc, la patate douce, le mil et d'autres cultures locales importantes.
Au Buganda, l'oluwombo, souvent appelé luwombo, est un plat traditionnel remarquable. La viande, le poulet, le poisson ou des préparations à base d'arachide peuvent être cuits dans des feuilles de bananier, ce qui permet aux aliments de cuire à la vapeur à l'intérieur du paquet.
Et puis il y a le Rolex, l'un des plats de rue modernes les plus connus de l'Ouganda.
On fait un Rolex en plaçant une omelette, souvent aux légumes, dans un chapati et en roulant les deux ensemble. On comprend généralement le nom comme un jeu de mots sur « rolled eggs », les œufs roulés en anglais, et non comme une référence à la marque de montres. L'histoire exacte de son origine est moins sûre que sa popularité, et différents récits situent ses débuts dans différentes régions de l'Ouganda.
Son importance tient moins à un inventeur unique qu'à ce qui s'est passé ensuite. Le mélange était bon marché, nourrissant et facile à préparer, ce qui en a fait un grand succès de la cuisine de rue en ville.
L'histoire du café en Ouganda est plus ancienne et pèse beaucoup plus lourd dans l'économie.
L'arabica a été introduit dans les cultures en Ouganda vers 1900, pendant la période coloniale, alors que le robusta est originaire de l'Ouganda. Le café est ensuite devenu l'une des grandes cultures d'exportation du pays.
Le café reste au cœur de l'économie agricole de l'Ouganda. Le pays a aussi vu naître une culture du café en ville, surtout à Kampala, où le café cultivé sur place est de plus en plus bu dans le pays au lieu d'être vu seulement comme un produit d'exportation.
Makerere et la construction de l'Ouganda moderne
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La tension entre toutes ces institutions allait marquer la politique du pays pendant des décennies.
L'une des institutions qui ont relié l'Ouganda à la vie intellectuelle de l'Afrique de l'Est est Makerere.
Makerere a commencé en 1922 comme école technique avec seulement 14 élèves externes, qui étudiaient notamment la menuiserie, la construction et la mécanique. L'école s'est agrandie et, en 1935, elle était devenue un centre d'enseignement supérieur pour l'Afrique de l'Est. En 1949, elle est devenue un collège universitaire rattaché à l'Université de Londres.
Son rôle a dépassé de loin l'Ouganda.
À mesure que l'enseignement supérieur se développait, Makerere est devenu un lieu de formation important pour des professionnels et des dirigeants politiques de toute l'Afrique de l'Est. Il a aidé à créer une classe de professionnels africains instruits, à une époque où les gouvernements coloniaux ouvraient peu à peu l'accès aux études supérieures.
Makerere faisait donc partie d'un changement bien plus large.
L'Ouganda n'arrivait pas à l'indépendance avec, d'un côté, seulement des institutions traditionnelles et, de l'autre, un gouvernement moderne. Il y avait en même temps des royaumes, des clans, des Églises, des écoles, des universités, des réseaux commerciaux, des structures administratives coloniales et des mouvements nationalistes naissants.
La tension entre toutes ces institutions allait marquer la politique du pays pendant des décennies.
Vêtements et artisanat
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Le kanzu, une longue robe de cérémonie portée par les hommes, est un autre vêtement ougandais important.
Certains des vêtements les plus connus de l'Ouganda montrent aussi comment des formes culturelles peuvent voyager au-delà de leur communauté d'origine.
Le gomesi, une longue robe de femme au col carré, aux épaules bouffantes et à la ceinture nouée, est fortement associé au Buganda et se porte aujourd'hui dans de nombreuses régions de l'Ouganda, surtout pour les occasions officielles.
Le kanzu, une longue robe de cérémonie portée par les hommes, est un autre vêtement ougandais important. Son histoire est liée aux réseaux culturels islamiques et swahilis de l'Afrique de l'Est, ainsi qu'à son adoption par les communautés ougandaises.
Et puis il y a le tissu d'écorce.
Au Buganda, le tissu d'écorce est fabriqué à partir de l'écorce intérieure du mutuba, Ficus natalensis. Les artisans prélèvent l'écorce et la battent longuement avec des maillets en bois jusqu'à obtenir une grande feuille souple que l'on peut porter ou utiliser autrement.
L'UNESCO décrit cette technique comme préhistorique et note qu'elle est plus ancienne que l'invention du tissage. L'artisanat était traditionnellement pratiqué par des membres du clan Ngonge pour la famille royale et pour l'ensemble de la communauté baganda.
Le tissu d'écorce marquait aussi des différences sociales. Le tissu ordinaire était traditionnellement de couleur terre cuite, tandis que celui des rois et des chefs pouvait être teint en noir ou en blanc et porté autrement pour montrer le rang.
En 2008, l'UNESCO a inscrit la fabrication du tissu d'écorce sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.
Cette inscription ne veut pas dire que la tradition n'existe plus que comme pièce de musée. L'UNESCO a soutenu des efforts pour former de jeunes artisans, encourager la culture durable des mutubas et créer des usages du tissu d'écorce qui rapportent un revenu.
Cela a permis à cette matière d'apparaître dans l'artisanat, le design et la mode d'aujourd'hui tout en restant liée à ses usages culturels plus anciens.
La musique appartient à plusieurs Ouganda
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Le bigwala, par exemple, est la musique et la danse à trompes en calebasse du royaume de Busoga.
Le Buganda a une tradition musicale importante, avec des instruments comme l'endongo, une lyre-bol, et l'amadinda, un xylophone associé à l'histoire musicale royale du Buganda.
Mais il n'existe pas une seule musique traditionnelle ougandaise.
Les différentes communautés du pays ont développé leurs propres instruments, rythmes, chants et danses, souvent liés aux cérémonies, au travail, aux récits, aux cours royales ou à la vie religieuse.
La liste du patrimoine ougandais de l'UNESCO le montre très clairement. Le bigwala, par exemple, est la musique et la danse à trompes en calebasse du royaume de Busoga. Les communautés ma'di ont leurs propres traditions de lyre-bol. Les Batooro, Banyoro, Batuku, Batagwenda et Banyabindi entretiennent la tradition empaako, où des noms d'éloge précis font partie de l'identité sociale et des échanges entre les personnes.
La musique populaire ougandaise moderne puise dans ce paysage culturel ancien tout en absorbant des influences du reggae, du dancehall, du hip-hop, de l'afrobeat et d'autres styles internationaux.
Kampala est devenue un centre important de la culture populaire d'Afrique de l'Est, avec des musiciens qui chantent en luganda, en anglais, en swahili et dans d'autres langues selon leur public.
La musique est aussi entrée dans la vie politique. Bobi Wine, d'abord connu comme musicien, s'est ensuite lancé dans la politique électorale et est devenu une grande figure de l'opposition. Son parcours montre comment le divertissement populaire et la participation politique peuvent se croiser dans l'Ouganda d'aujourd'hui, même si le poids politique de sa carrière reste débattu et doit être jugé sur ses activités politiques connues plutôt que sur sa seule célébrité.
Les institutions traditionnelles façonnent encore l'identité moderne
Le système des clans du Buganda reste important, car un clan n'est pas qu'un nom de famille.
L'identité clanique relie chaque personne à un réseau plus large d'ancêtres et de relations coutumières. Elle peut peser sur les questions de mariage, de parenté, d'obligations culturelles et d'appartenance sociale.
Les institutions du royaume du Buganda continuent d'entretenir ces relations, même si elles ne forment plus un État avec son propre gouvernement.
C'est l'une des raisons pour lesquelles la restauration du royaume en 1993 avait un sens au-delà du simple retour d'un titre royal.
L'institution offrait un cadre pour organiser l'identité culturelle après des décennies où la monarchie avait été officiellement abolie.
En même temps, le Buganda n'est pas figé dans le passé précolonial.
Ses institutions fonctionnent à l'intérieur d'une république moderne. Les Baganda vivent en ville, vont à l'université, travaillent dans des entreprises, participent à la politique nationale, utilisent les réseaux sociaux et traversent les frontières nationales et internationales. Les institutions traditionnelles cohabitent donc avec les formes modernes d'identité, sans les remplacer.
Les Batwa et le prix de la conservation
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La protection de ces forêts a été importante pour la biodiversité, notamment pour les gorilles de montagne de Bwindi et de Mgahinga.
L'histoire culturelle de l'Ouganda contient aussi des conflits qui ne peuvent pas être séparés des questions de terre.
Les Batwa, un peuple autochtone lié à la forêt dans la région des Grands Lacs, vivaient dans les forêts du sud-ouest de l'Ouganda et en dépendaient. Quand ces forêts sont devenues des aires protégées, les communautés batwa ont été chassées de leurs territoires ancestraux, notamment autour de Bwindi, Mgahinga et Echuya.
La protection de ces forêts a été importante pour la biodiversité, notamment pour les gorilles de montagne de Bwindi et de Mgahinga. Mais la conservation a aussi créé un grave problème de droits humains quand des communautés liées depuis longtemps à ces forêts en ont été exclues.
Le résultat est une question difficile, sans réponse simple :
Comment protéger un écosystème sans traiter les personnes qui y ont toujours vécu comme un simple obstacle à la conservation ?
Les Batwa ont demandé la reconnaissance et réparation pour la perte de leurs terres ancestrales, et la question reste suivie par la justice et les instances internationales.
C'est un rappel important : le patrimoine culturel de l'Ouganda ne peut pas être séparé de la terre, car les traditions sont souvent liées aux lieux où les communautés vivaient, cultivaient, priaient, chassaient ou organisaient leurs cérémonies.
Ce que les royaumes restaurés peuvent faire, et ce qu'ils ne peuvent pas faire
Le système constitutionnel de l'Ouganda est assez inhabituel pour qu'il vaille la peine de le dire clairement.
Un chef traditionnel peut être reconnu par l'État.
Une institution culturelle peut posséder des biens et entretenir des structures administratives.
Un royaume peut préserver des coutumes, des cérémonies, des sites historiques et des institutions culturelles.
Mais un chef traditionnel ne peut pas exercer les pouvoirs législatifs, exécutifs ou administratifs du gouvernement ougandais. La Constitution l'interdit clairement.
Cela signifie que la restauration du Buganda n'a pas annulé la création de la république ougandaise.
Elle a rétabli une institution culturelle à l'intérieur de cette république.
Cette distinction vaut aussi pour les autres royaumes de l'Ouganda. Leur restauration leur a permis de fonctionner à nouveau comme institutions traditionnelles, mais pas comme États souverains.
Cet arrangement fait partie de l'histoire politique de l'Ouganda, car il représente un compromis entre deux formes de légitimité : l'autorité de l'État constitutionnel moderne et la légitimité culturelle que les institutions traditionnelles gardent au sein de leurs communautés.
La longue histoire politique de l'Ouganda continue de s'écrire
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Museveni a prêté serment pour un septième mandat présidentiel le 12 mai 2026, ce qui fait entrer sa présidence dans une cinquième décennie depuis sa prise de pouvoir en 1986.
Le retour des royaumes n'a pas mis fin aux conflits politiques de l'Ouganda.
Yoweri Museveni, arrivé au pouvoir en 1986, est resté président pendant des décennies. Des révisions de la constitution ont changé les règles sur la durée des mandats présidentiels. Une révision de 2005 a supprimé la limite du nombre de mandats, et un processus constitutionnel en 2017 et 2018 a supprimé la limite d'âge pour être président. Ces changements sont devenus centraux dans les débats sur la concentration et la durée du pouvoir présidentiel.
Museveni a prêté serment pour un septième mandat présidentiel le 12 mai 2026, ce qui fait entrer sa présidence dans une cinquième décennie depuis sa prise de pouvoir en 1986.
Les partisans du gouvernement mettent en avant la longue période sans renversement militaire réussi au niveau national et le développement de l'Ouganda depuis l'instabilité des années 1970 et du début des années 1980. Les critiques, dont des organisations internationales de défense des droits humains, s'inquiètent des restrictions imposées à l'opposition, à la liberté d'expression, aux journalistes et à la participation politique.
Ce sont des débats politiques plutôt que des questions à interprétation unique. Ce qui est clair sur le plan historique, c'est que le gouvernement de Museveni a duré bien plus longtemps que ceux qui l'ont précédé après l'indépendance, et que le système politique actuel de l'Ouganda est donc marqué à la fois par le souvenir de l'instabilité passée et par le débat sur un pouvoir en place depuis très longtemps.
Le royaume n'est pas le pays, et le pays ne se résume pas à sa politique
Cette distinction ramène l'histoire au Buganda.
Le royaume a survécu à la domination coloniale britannique, à la naissance de l'Ouganda indépendant, à la crise de 1966, à son abolition officielle en 1967, à des décennies sans reconnaissance constitutionnelle, et à sa restauration en 1993.
Mais cette survie ne voulait pas dire qu'un gouvernement avait continué à fonctionner en secret, sans changement.
Le royaume politique a disparu.
Le système culturel, non.
Les identités claniques sont restées. Le luganda est resté. Les souvenirs historiques sont restés. Les sites royaux sont restés. Les familles ont continué à se définir par leurs clans. Les cérémonies religieuses et culturelles ont continué sous différentes formes. Et quand la situation politique a changé, il existait déjà un monde social dans lequel l'institution restaurée pouvait revenir.
C'est pourquoi la restauration constitutionnelle du royaume a été possible.
Il restait quelque chose à restaurer.
Le patrimoine vivant de l'Ouganda
Dans cette section
Les producteurs de café font toujours partie de l'une des plus importantes industries d'exportation du pays.
Aujourd'hui, la vie culturelle de l'Ouganda dépasse de loin les institutions royales du Buganda.
Le 3 juin, des pèlerins se rendent à Namugongo pour la Journée des martyrs. Dans l'ouest de l'Ouganda, différentes communautés entretiennent leurs propres traditions de noms et de cérémonies. Au Busoga, la musique bigwala préserve une tradition musicale royale. Dans le nord, des communautés continuent de préserver des pratiques culturelles marquées par l'histoire des déplacements et des conflits. Les fabricants de tissu d'écorce travaillent toujours avec les mutubas et les maillets en bois. Les producteurs de café font toujours partie de l'une des plus importantes industries d'exportation du pays.
Et à Mengo, les institutions du Buganda continuent de fonctionner dans les limites du système constitutionnel ougandais.
Le Lukiiko reste le parlement du royaume. Le Kabaka reste le chef culturel du Buganda. Le royaume entretient ses propres institutions administratives et travaille à préserver les pratiques culturelles baganda.
Le point important n'est pas qu'un ancien système politique aurait vaincu un système moderne.
Ce n'est pas le cas.
L'Ouganda reste une république, et la Constitution est claire sur le lieu où se trouve l'autorité de gouvernement.
Ce qui s'est passé est plus intéressant.
Une institution qui exerçait autrefois un pouvoir politique a été abolie par l'État. L'État pouvait lui retirer son autorité légale, mais il ne pouvait pas faire disparaître les identités historiques, les relations sociales et les pratiques culturelles qui s'étaient développées autour d'elle. Des décennies plus tard, ces fondations encore debout ont rendu la restauration possible.
L'histoire de l'Ouganda ne peut donc pas se réduire à ses dictateurs, à ses présidents, à ses élections ou à ses périodes de conflit. Ces événements comptent énormément, mais ils existent à côté de formes d'appartenance plus anciennes qui ont continué à s'adapter.
Le même pays qui a connu l'abolition puis la restauration d'un royaume possède aussi une tradition préhistorique du tissu d'écorce reconnue par l'UNESCO, une université qui a commencé avec 14 élèves techniques en 1922, des pèlerinages religieux d'une ampleur immense, des dizaines de langues et de traditions culturelles, et des communautés dont l'identité est bien plus ancienne que les frontières de l'État moderne.
On appelle parfois l'Ouganda la « Perle de l'Afrique », une expression utilisée par Winston Churchill dans son livre de 1908 My African Journey. Elle est devenue étroitement liée aux paysages et aux richesses naturelles du pays et fait toujours partie de son image touristique.
Mais l'histoire de l'Ouganda donne à cette expression un autre sens.
Le pays contient des institutions démantelées puis reconstruites, des cultures qui ont survécu aux bouleversements politiques, des traditions qui se sont adaptées à de nouvelles religions et à de nouvelles économies, et des communautés qui discutent encore de ce qu'il faut préserver, de ce qui doit changer et de qui doit en décider.
Le royaume restauré du Buganda en est un exemple particulièrement visible.
Ce n'est plus le gouvernement d'un royaume souverain.
C'est autre chose : une ancienne institution qui vit à l'intérieur d'une république moderne, et qui porte l'histoire sans avoir le pouvoir politique qu'elle avait autrefois.
Et c'est peut-être la façon la plus utile de comprendre l'histoire culturelle de l'Ouganda : pas comme un pays où le passé a survécu sans changer, mais comme un pays où des institutions anciennes se sont adaptées encore et encore à un monde qui changeait autour d'elles.