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6 septembre 2026

Ghana : histoire, culture, traditions et l'histoire de l'indépendance

Par Tori, Ria's Colony

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L'Asantehene est assis sous une ombrelle de cérémonie à Kumasi, entouré de chefs, de joueurs de tambour, de tissu kente, d'insignes en or et du Tabouret d'or, lors d'un rassemblement royal de type Akwasidae au Ghana.

Quick answer

Découvrez l'histoire, la culture, les traditions et les peuples du Ghana, des Ashanti et du Tabouret d'or à l'indépendance, aux fêtes, à la cuisine, à la musique et à la vie d'aujourd'hui.


Au palais de Manhyia, à Kumasi, environ toutes les six semaines, l'Asantehene siège en majesté pour l'Akwasidae, l'une des cérémonies les plus importantes du calendrier traditionnel ashanti. Il apparaît vêtu d'un kente richement tissé et paré d'ornements en or, sous une ombrelle de cérémonie, tandis que des chefs viennent lui rendre hommage et que des tambours remplissent la cour de rythmes enracinés dans un système de communication et de louange royales vieux de plusieurs siècles. Ce n'est pas une cérémonie reconstituée pour les touristes. C'est une tradition ashanti vivante, toujours pratiquée aujourd'hui dans le cadre du système de pouvoir, de l'histoire et de la vie culturelle de la communauté. En son centre se trouve le Tabouret d'or, le symbole sacré traditionnellement considéré comme portant l'esprit et l'unité du peuple ashanti. Personne ne s'assoit jamais dessus. Le roi peut changer, les gouvernements peuvent se succéder et le système politique du Ghana peut évoluer, mais la cérémonie continue. Elle rappelle que l'histoire du pays n'a pas disparu avec la naissance de la république moderne. Au Ghana, l'autorité de l'État moderne existe aux côtés d'institutions plus anciennes, faites de chefs, de tabourets, de coutumes et de mémoire des ancêtres, qui influencent encore la façon dont les communautés voient le pouvoir et l'appartenance.

Cette capacité à porter le passé dans le présent fait partie de ce qui rend le Ghana si important dans l'histoire africaine. Le 6 mars 1957, il est devenu le premier pays d'Afrique subsaharienne à obtenir son indépendance face à la domination coloniale européenne. L'événement a compté bien au-delà de la nouvelle nation elle-même. Kwame Nkrumah voyait l'indépendance du Ghana non pas comme la fin d'une lutte nationale, mais comme la preuve que la domination coloniale pouvait être contestée et finalement démantelée dans toute l'Afrique. Son gouvernement a volontairement fait du Ghana une base de la politique panafricaine, en soutenant les mouvements de libération et en affirmant que la liberté du Ghana n'avait de sens que si d'autres peuples africains obtenaient la leur. C'est pourquoi l'histoire du Ghana ne se résume pas à la date de son indépendance. C'est l'histoire d'un lieu qui avait déjà bâti des États puissants grâce à l'or, subi la violence et l'exploitation de la traite transatlantique, résisté à l'expansion européenne, puis est devenu un exemple politique pour un continent encore sous domination coloniale. Le Ghana n'est pas simplement devenu indépendant : son indépendance a aidé à changer ce que l'indépendance voulait dire pour l'Afrique.

D'où vient cette culture

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Beaucoup de ces mêmes sites ont ensuite été profondément impliqués dans la traite transatlantique des esclaves.

Bien avant que le nom de Ghana soit donné à cette partie de l'Afrique de l'Ouest, la région abritait de puissants États akan dont la richesse était étroitement liée à l'or. La ceinture forestière et une partie de l'arrière-pays côtier comptaient parmi les zones aurifères les plus riches d'Afrique de l'Ouest, et quand les marchands européens ont commencé à arriver sur la côte au XVe siècle, l'abondance de l'or est vite devenue l'un des traits marquants de leurs rencontres avec la région. Les Européens ont fini par appeler ce littoral la Côte-de-l'Or (Gold Coast), un nom qui est devenu plus tard la désignation coloniale britannique du territoire.

À la fin du XVIIe siècle, le royaume ashanti devenait la puissance dominante de l'intérieur. Selon la tradition ashanti, sa fondation politique commence avec Okomfo Anokye, un puissant chef spirituel qui fit descendre du ciel le Tabouret d'or sur les genoux d'Osei Tutu, le premier Asantehene. Le récit marque la fondation du royaume ashanti et l'union de son peuple sous un seul souverain. Mais le tabouret lui-même n'a jamais été considéré comme la propriété personnelle du roi. Il en est venu à représenter l'esprit, l'unité et la souveraineté de l'ensemble du peuple ashanti. C'est pourquoi, contrairement à un trône royal ordinaire, personne ne s'assoit jamais sur le Tabouret d'or.

À partir de cette fondation, les Ashanti ont bâti l'un des États les plus puissants d'Afrique de l'Ouest. Sa force reposait sur l'organisation politique, la puissance militaire, l'agriculture, le contrôle des zones aurifères et des réseaux commerciaux reliant l'intérieur à la côte. Le royaume a mené une série de guerres pour étendre son influence, dont sa lutte contre le Denkyira, qui dominait auparavant une grande partie de la région. La victoire ashanti à la bataille de Feyiase en 1701 fut décisive : elle brisa la puissance du Denkyira et aida à établir la domination ashanti sur une grande partie de l'intérieur. Cette victoire est entrée dans la mémoire historique transmise par les traditions et les cérémonies ashanti, où l'histoire politique, l'ascendance et l'autorité restent étroitement liées.

Sur la côte, le commerce européen créait une histoire très différente. En 1482, les Portugais ont construit São Jorge da Mina, aujourd'hui appelé château d'Elmina, pour s'assurer l'accès à l'or de la région. C'est devenu l'un des plus anciens bâtiments européens encore debout hors d'Europe. Au fil des siècles suivants, des puissances européennes comme les Hollandais, les Britanniques, les Danois et les Suédois ont établi des forts et des châteaux le long de la côte, en concurrence pour l'accès à l'or et à d'autres marchandises. Beaucoup de ces mêmes sites ont ensuite été profondément impliqués dans la traite transatlantique des esclaves. Des Africains capturés étaient enfermés dans les cachots sous les châteaux avant d'être transportés de l'autre côté de l'Atlantique. Des parties du littoral ghanéen sont ainsi devenues des lieux où commerce, pouvoir colonial et exploitation humaine coexistaient.

À Elmina et à Cape Coast, l'architecture de cette histoire est toujours là. Les passages menant des cachots vers la côte ont été associés à la dernière étape de la captivité, et l'expression « Porte du non-retour » est devenue le symbole du point au-delà duquel beaucoup de captifs ne reverraient plus jamais leur terre natale. Aujourd'hui, ces sites sont des lieux de mémoire autant que des sites patrimoniaux. Les Ghanéens les visitent pour apprendre l'histoire de leur pays, tandis que des membres de la diaspora africaine viennent sur la côte affronter une histoire d'esclavage, de déracinement et d'ascendance qui relie l'Afrique aux Caraïbes et aux Amériques.

La puissance britannique s'est étendue dans la région au XIXe siècle, mais cette expansion s'est heurtée à maintes reprises à la résistance ashanti. Les forces britanniques ont pris et incendié Kumasi en 1874, et après d'autres conflits, le royaume ashanti a finalement été annexé comme colonie de la Couronne britannique en 1902. L'affrontement final avait été précédé de la guerre du Tabouret d'or en 1900, après que le gouverneur Frederick Hodgson eut exigé d'avoir accès au tabouret sacré. Pour les Ashanti, cette exigence n'était pas seulement une insulte faite à un objet royal : c'était une atteinte à l'institution qui représentait leur souveraineté collective. La résistance s'est organisée en partie sous la conduite de Yaa Asantewaa, reine mère d'Ejisu, devenue l'une des figures les plus marquantes de la résistance ashanti à la domination britannique.

Quand l'indépendance est arrivée le 6 mars 1957, l'histoire du Ghana a de nouveau changé. Sous Kwame Nkrumah, l'indépendance a été présentée comme plus qu'un transfert du pouvoir politique de la Grande-Bretagne à un nouveau gouvernement national. Nkrumah voyait dans le Ghana la preuve que la domination coloniale pouvait être vaincue, et une base pour soutenir la libération ailleurs en Afrique. Sa formule la plus célèbre le disait clairement : « l'indépendance du Ghana n'a pas de sens si elle n'est pas liée à la libération totale du continent africain ». Le Ghana est ensuite devenu un centre important de la politique panafricaine, et Nkrumah fait partie des grands dirigeants africains associés à la création de l'Organisation de l'unité africaine en 1963.

Le gouvernement de Nkrumah a lui-même pris fin avec un coup d'État militaire en 1966, et le Ghana a passé une bonne partie des décennies suivantes à alterner entre régimes militaires et civils. Le pays est finalement revenu à un gouvernement constitutionnel multipartite en 1992.

Depuis ce retour en 1992, le Ghana a construit une solide tradition d'élections disputées et de passations pacifiques du pouvoir présidentiel. Mais le pays n'a pas laissé derrière lui son histoire plus ancienne pour devenir une démocratie moderne. Les chefs gardent leurs tabourets. L'Akwasidae est toujours célébré. Le Tabouret d'or reste un puissant symbole de l'unité ashanti. Les fêtes conservent encore des histoires de migration, de famine, de guerre et de survie, tandis que les châteaux de la côte continuent de mettre le pays face à l'héritage de la traite. Le système politique moderne du Ghana est peut-être constitutionnel et démocratique, mais il existe aux côtés de traditions et d'institutions bien plus anciennes. Cette coexistence est l'une des façons les plus claires de comprendre le Ghana : ici, le passé n'est pas seulement un souvenir. Il se pratique encore.

Groupes ethniques et langues

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Dans la société akan traditionnelle, l'appartenance à un clan se transmet par la lignée de la mère.

Le Ghana abrite de nombreux peuples, dont les identités sont plus anciennes que le pays lui-même. Les Akan forment le plus grand ensemble ethnolinguistique, avec 45,7 % de la population au recensement de 2021. Ils comprennent les Ashanti, les Fante, les Akuapem, les Akyem et d'autres communautés apparentées, surtout présentes dans le centre et le sud du pays. Ils parlent des langues akan apparentées et partagent, dans beaucoup de communautés, des institutions culturelles comme le système des tabourets et des formes matrilinéaires de clan et de succession.

Les Ga gardent une identité distincte autour de la région du Grand Accra, avec une longue histoire liée à la côte, à la pêche, à l'agriculture et au commerce. Les Ewe vivent surtout dans le sud-est du Ghana et appartiennent à un monde culturel de langue ewe plus large, qui s'étend au-delà de la frontière jusqu'au Togo et au Bénin. Plus au nord, des peuples comme les Dagomba, les Mamprusi et les Gonja ont développé leurs propres royaumes et systèmes d'autorité politique. L'islam est devenu particulièrement influent dans de nombreuses communautés du nord grâce à des siècles de commerce et de contacts, aux côtés de traditions religieuses locales plus anciennes. Le résultat n'est pas une culture ghanéenne uniforme, mais un pays où différents mondes historiques se sont développés côte à côte.

L'anglais est la langue officielle du Ghana, héritée de la domination coloniale britannique. C'est la langue commune qui permet aux gens de langues différentes de communiquer dans les institutions nationales, l'éducation, les affaires et la vie publique. L'akan, en particulier le twi, est aussi largement parlé au-delà des communautés akan et très présent sur les marchés, dans la musique, les médias et les échanges de tous les jours. On peut donc se sentir profondément Ga, Ewe, Dagomba, Ashanti, Fante ou membre d'un autre groupe tout en participant pleinement à une culture nationale ghanéenne plus large.

L'un des traits les plus importants de nombreuses sociétés akan est leur système de filiation matrilinéaire. Dans la société akan traditionnelle, l'appartenance à un clan se transmet par la lignée de la mère. Cela pouvait avoir de grandes conséquences sur la succession : l'héritier traditionnel d'un homme pouvait être le fils de sa sœur plutôt que son propre fils. Ce principe était particulièrement important dans la vie politique ashanti, où la succession au tabouret suivait des lignées royales maternelles établies plutôt qu'une simple transmission de père en fils.

La matrilinéarité ne voulait pas dire que les pères étaient sans importance, ni que tout ce que possédait une personne passait automatiquement par la mère. Elle signifiait que certaines questions d'appartenance au clan, de succession politique, d'héritage et d'obligations étaient organisées par la lignée maternelle. Ces traditions ont aidé à structurer les familles et les institutions politiques akan pendant des siècles, même si le droit moderne, le christianisme, l'islam, l'urbanisation, l'éducation et l'évolution des familles ont tous influencé la façon dont l'héritage et les liens familiaux fonctionnent aujourd'hui.

C'est en partie ce qui rend le paysage culturel du Ghana si intéressant. Le pays est jeune en tant que nation moderne, mais beaucoup des identités et des institutions qui le composent sont bien plus anciennes. Un Ghanéen peut appartenir à un État démocratique moderne tout en appartenant à une famille, un clan, un groupe linguistique, un tabouret ou une communauté traditionnelle dont l'histoire remonte à des siècles.

Religion et croyances

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Des communautés musulmanes se sont aussi installées dans les villes du sud grâce aux migrations et au commerce.

Le Ghana est majoritairement chrétien, mais la religion dans le pays n'est pas l'histoire simple d'une croyance qui en remplace une autre. Selon le recensement de la population et de l'habitat de 2021, 71,3 % des Ghanéens se déclarent chrétiens, 19,9 % musulmans et 3,2 % adeptes des religions africaines traditionnelles. Le christianisme s'est développé grâce à des siècles d'activité missionnaire, puis s'est rapidement étendu avec les Églises pentecôtistes et charismatiques, devenues particulièrement influentes à partir du XXe siècle. À Accra et dans d'autres grandes villes, certaines de ces Églises ont des assemblées très nombreuses et de puissants moyens médiatiques : radio, télévision, diffusion en direct et réseaux sociaux leur permettent de toucher un public bien au-delà de leurs bâtiments.

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L'islam a une histoire bien plus longue dans certaines parties du Ghana que ne le laisse penser sa place dans les statistiques nationales. Des marchands et des savants musulmans sont descendus vers le sud par des réseaux commerciaux établis reliant la région au Sahel et à l'intérieur de l'Afrique de l'Ouest, ce qui a rendu l'islam particulièrement influent dans plusieurs communautés du nord. Des communautés musulmanes se sont aussi installées dans les villes du sud grâce aux migrations et au commerce. Le christianisme et l'islam ne sont donc pas arrivés dans un vide culturel : tous deux se sont intégrés à des sociétés qui avaient déjà leurs propres systèmes religieux et leurs idées sur les liens entre les vivants, les morts, la nature et le monde spirituel.

La croyance akan traditionnelle est un exemple de ce paysage religieux plus ancien. Nyame y est vu comme le créateur suprême, tandis que le monde spirituel compte aussi d'autres êtres et forces, et que les ancêtres occupent une place importante dans la relation entre vivants et morts. Les prêtres traditionnels, appelés akomfo, ont historiquement servi d'intermédiaires dans ces systèmes religieux. Ces croyances n'ont pas simplement disparu avec l'expansion du christianisme et de l'islam. Leur influence se voit encore dans les cérémonies, les coutumes familiales, les fêtes, l'autorité traditionnelle et l'importance accordée aux ancêtres et aux funérailles.

Les funérailles sont particulièrement importantes dans de nombreuses communautés ghanéennes, même si les coutumes varient selon les groupes ethniques et religieux. Elles peuvent être l'occasion non seulement de pleurer le défunt, mais aussi de rassembler les familles élargies et les communautés, de se souvenir de la vie de la personne et de renouveler les liens entre générations. En ce sens, la mort peut devenir un événement collectif plutôt que privé.

Cette même vision du monde apparaît aussi dans la culture visuelle du Ghana. Les symboles adinkra, associés surtout à la culture akan, sont des expressions visuelles de proverbes, d'idées et de valeurs. L'un des plus connus est Gye Nyame, souvent traduit par « sauf Dieu », qui exprime la suprématie de Dieu et apparaît partout sur les tissus, les bâtiments, les œuvres d'art et les créations contemporaines. Ce qui rend ces symboles particulièrement intéressants, c'est qu'ils sont sortis de leur cadre traditionnel d'origine pour entrer dans la vie ghanéenne moderne.

Le paysage religieux du Ghana n'est donc pas nettement partagé entre l'ancien et le nouveau. Des Églises remplissent des stades tandis que les fêtes traditionnelles continuent. Des musulmans suivent les traditions islamiques à côté de pratiques culturelles héritées de communautés plus anciennes. Des symboles adinkra nés de la pensée akan apparaissent sur des bâtiments et des produits modernes. Des chefs traditionnels continuent d'accomplir des cérémonies au sein d'une démocratie constitutionnelle. Au Ghana, la religion n'est pas seulement le relevé de ce que les gens croyaient autrefois : elle fait partie de la façon dont le pays continue de penser la famille, la communauté, l'autorité, la mort et le sacré.

Cuisine

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Le waakye est un autre plat de tous les jours, particulièrement visible dans la cuisine des villes ghanéennes.

La cuisine ghanéenne repose sur une idée simple : les aliments de base se mangent rarement seuls. On les associe à des soupes, des ragoûts, des sauces, du poisson, de la viande ou des légumes, pour des repas où la texture et l'association comptent autant que chaque ingrédient.

Le foutou (fufu) est l'un des plats traditionnels les plus connus du pays. On le prépare en pilant ensemble du manioc et de la banane plantain bouillis, ou de l'igname dans certaines régions, jusqu'à obtenir une pâte lisse, élastique et souple. Le fufu se sert à côté de la soupe, sans y être mélangé. Traditionnellement, on en détache un petit morceau du bout des doigts, on le façonne en petite cuillère et on s'en sert pour prendre la soupe et ce qui l'accompagne. La light soup, un bouillon pimenté souvent préparé avec des tomates et servi avec du poulet, de la chèvre ou du poisson, est un accompagnement courant, tout comme la soupe d'arachide, faite d'arachides moulues.

Le banku suit un autre chemin vers la même association satisfaisante de féculent, de protéines et de sauce. Fait d'une pâte de maïs et de manioc fermentés, il a une acidité caractéristique et se sert souvent avec du tilapia grillé et une sauce très pimentée. Cette association est surtout liée à la cuisine de la côte ghanéenne, où le poisson frais est depuis longtemps au cœur de la cuisine quotidienne.

Et puis il y a le kelewele : de la banane plantain mûre coupée en morceaux, assaisonnée de gingembre, de piment et d'autres épices, puis frite jusqu'à ce que l'extérieur caramélise tandis que l'intérieur reste tendre. C'est l'un des plats de rue les plus familiers du Ghana, vendu dans des stands en bord de route et mangé le soir en en-cas ou en repas rapide. Difficile de parler du kelewele sans parler d'abord de son odeur : les épices, l'huile chaude et la plantain sucrée annoncent le plat avant même qu'on arrive au stand.

Le riz jollof apporte une autre énergie. Le Ghana, le Nigeria et le Sénégal ont chacun leur version, et la question de savoir qui fait le meilleur jollof est devenue l'un des débats culinaires préférés de l'Afrique de l'Ouest. Le jollof ghanéen est souvent préparé avec du riz long et une base de tomate et de piment très assaisonnée, le riz cuisant dans la sauce pour en absorber le goût. Demandez à un Ghanéen, et il y a de fortes chances qu'il vous dise que c'est le sien qui est le bon. Demandez à un Nigérian, et vous entendrez peut-être exactement l'inverse.

Le waakye est un autre plat de tous les jours, particulièrement visible dans la cuisine des villes ghanéennes. Le riz et les haricots cuisent ensemble, traditionnellement avec des feuilles de waakye qui donnent au plat sa couleur caractéristique, et le repas est souvent servi avec tout un assortiment d'accompagnements : œuf dur, plantain frit, spaghettis, viande ou poisson, et shito, une sauce pimentée sombre et très épicée. À Accra par exemple, le waakye est un petit-déjeuner et un déjeuner courants, et les vendeurs servent de grosses portions à des clients venus spécialement pour ce mélange de riz, de haricots, de sauce et des suppléments de leur choix.

Le vin de palme appartient à une autre partie de la tradition ghanéenne des boissons. Récolté frais sur certains palmiers, il est naturellement sucré et commence à fermenter peu après la récolte, devenant peu à peu plus alcoolisé et plus acide. Il fait toujours partie de la culture traditionnelle de la boisson dans certaines communautés et est associé, dans certains contextes, aux rassemblements et aux cérémonies, même si les boissons alcoolisées industrielles sont bien plus présentes dans les villes ghanéennes aujourd'hui.

Ce qui relie ces plats n'est pas une recette ghanéenne unique, mais une façon de manger. Les féculents s'associent à des soupes et des sauces très parfumées ; les aliments fermentés côtoient les aliments frais ; la plantain sucrée rencontre le piment et le gingembre ; le poisson s'accompagne de piment ; et les repas reposent souvent sur des associations plutôt que sur un plat unique au centre. La cuisine ghanéenne se comprend quand on arrête de chercher le plat qui représenterait le pays pour regarder comment les plats se mangent ensemble.

Musique, danse et art

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La culture ghanéenne a souvent absorbé de nouvelles influences sans simplement jeter ce qui existait avant.

Si le Ghana a une bande-son, le highlife en est l'un des sons centraux. Le genre est né au Ghana au début du XXe siècle de la rencontre entre les traditions musicales locales et des influences arrivées par le commerce côtier et le contact colonial, comme la musique de fanfare, les guitares et d'autres instruments occidentaux. Il est peu à peu devenu un son typiquement ghanéen et l'un des premiers grands genres de musique populaire africaine moderne, qui s'est répandu dans toute l'Afrique de l'Ouest au XXe siècle.

E.T. Mensah, souvent surnommé le « roi du highlife », est devenu l'une des grandes figures du genre pendant son âge d'or, dans les années 1950 et 1960. Mais le highlife n'a pas disparu à la fin de son âge d'or. Ses rythmes et ses motifs de guitare ont continué d'influencer des générations de musiciens, jusqu'à nourrir des formes plus récentes comme le hiplife, qui associe le highlife au hip-hop et aux langues ghanéennes. Au début des années 2010, un autre produit culturel ghanéen, l'azonto, s'est répandu très vite en Afrique et dans la diaspora. Cette danse est connue pour ses mouvements rapides et expressifs qui imitent souvent des gestes du quotidien, transformant des gestes ordinaires en chorégraphie.

Au Ghana, la musique va bien au-delà des genres populaires modernes. Dans les sociétés akan traditionnelles, les tambours sont depuis longtemps étroitement liés aux cérémonies, à la danse, à la communication et à la vie politique. Le fontomfrom, un grand ensemble de tambours de cérémonie, est associé aux occasions royales et aux chefferies, tandis que les tambours parlants peuvent reproduire des motifs de tons et de rythmes proches de la langue parlée. Les bons joueurs peuvent s'en servir pour transmettre des noms, des louanges, des annonces et d'autres messages, faisant du tambour bien plus qu'un instrument de musique.

Le kete, une tradition solennelle de tambours et de danse associée surtout à la royauté ashanti et aux cérémonies, est un autre exemple de la façon dont musique et vie politique ont toujours été liées. Dans ces contextes, la performance n'est pas un simple divertissement. Les rythmes, les danseurs, les tambours et les paroles qui les accompagnent peuvent porter l'histoire, rendre hommage à des titres, marquer des moments importants et affirmer le rang des personnes honorées.

Et puis il y a Anansi, l'araignée rusée dont les histoires sont parmi les éléments les plus reconnaissables des contes akan. Anansi est malin, espiègle, parfois égoïste, et réussit souvent justement parce qu'il est plus futé que des créatures plus puissantes que lui. À travers la traite transatlantique, des Akan ont emporté les histoires d'Anansi dans les Caraïbes et les Amériques, où le personnage est entré dans les traditions de contes plus larges de la diaspora africaine. Au Ghana, ces histoires font toujours partie de la mémoire culturelle du pays, notamment comme contes pour enfants où l'intelligence, l'humour et la ruse peuvent l'emporter sur la force physique.

Cette continuité compte. Le highlife peut être samplé dans la musique d'aujourd'hui ; les tambours traditionnels peuvent encore accompagner un chef ; un personnage rusé vieux de plusieurs siècles peut encore apparaître dans une histoire pour enfants. La culture ghanéenne a souvent absorbé de nouvelles influences sans simplement jeter ce qui existait avant. Sa musique et ses contes ne sont donc pas des reliques conservées du passé. Ce sont des traditions qui ont continué de changer parce que les gens qui les portent ont changé, eux aussi.

Vêtements, textiles et artisanat

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Aujourd'hui, on les apprécie comme exemples du savoir-faire akan et de sa façon de raconter des histoires en images.

Le kente est sans doute le tissu le plus immédiatement associé au Ghana à l'étranger. Ce tissu aux motifs vifs est surtout lié aux Ashanti et à des communautés de tisserands comme Bonwire, où le tissage reste une part importante du patrimoine culturel. Selon la tradition ashanti, l'origine de cet artisanat remonte à deux chasseurs qui regardèrent une araignée tisser sa toile et tentèrent de reproduire ce qu'ils avaient vu. Qu'on le prenne comme un récit des origines ou comme une part de la mémoire culturelle de la tradition, ce récit dit quelque chose d'important sur le kente : ce tissu n'a jamais été seulement décoratif.

Le kente est tissé sur des métiers étroits qui produisent des bandes, ensuite cousues ensemble pour former un tissu plus grand. Historiquement, le tissage était surtout associé aux hommes dans certaines communautés ashanti, même si hommes et femmes participent aujourd'hui à la production du kente. Les motifs ne sont pas choisis au hasard. Les couleurs et les dessins peuvent porter des sens liés à des proverbes, des valeurs, des événements historiques, un rang social ou des occasions particulières, et certains motifs étaient traditionnellement réservés à la royauté. Ce qui ressemble de loin à une explosion de couleurs est donc aussi un langage visuel : le tissu dit des choses que les mots n'ont pas forcément besoin de dire.

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Ce langage a voyagé bien au-delà de son cadre d'origine. Le kente se porte aujourd'hui lors des remises de diplômes, des mariages, d'événements politiques et culturels et d'autres grandes occasions dans toute la diaspora africaine. Pour beaucoup de gens qui le portent hors du Ghana, ce tissu représente l'héritage africain au sens large, même sans lien direct avec les communautés ashanti d'où viennent certaines traditions du kente. Le parcours du kente, d'une tradition culturelle précise à un symbole mondial de l'identité africaine, fait lui-même partie de l'histoire.

L'adinkra raconte une autre histoire à travers le tissu. Associés à la culture akan, les tissus adinkra sont ornés de symboles imprimés au tampon qui représentent des idées, des proverbes, des valeurs et des aspects de la vie sociale. Les tissus adinkra sombres sont surtout associés aux funérailles et au deuil, tandis que des versions plus claires se portent aujourd'hui aussi pour les fêtes et au quotidien. Des symboles comme Gye Nyame, souvent traduit par « sauf Dieu », sont désormais reconnus bien au-delà de leur contexte d'origine.

Et puis il y a les poids à peser l'or akan : de petits objets en laiton utilisés à l'origine pour mesurer des quantités de poudre d'or dans le commerce. Leur usage pratique a fini par en faire bien plus que des instruments de mesure. Beaucoup étaient coulés en forme de personnes, d'animaux, d'outils et d'autres objets, certains représentant des proverbes, des métiers, des leçons de morale ou des scènes de la vie quotidienne. Aujourd'hui, on les apprécie comme exemples du savoir-faire akan et de sa façon de raconter des histoires en images.

Ensemble, le kente, l'adinkra et les poids à peser l'or montrent un trait particulier de la culture matérielle akan : le sens était souvent intégré aux objets que les gens pouvaient voir, porter, échanger ou utiliser. Un tissu pouvait exprimer un rang ou un proverbe. Un symbole pouvait exprimer une idée sans phrase. Même un petit poids en laiton utilisé dans une transaction commerciale pouvait porter une histoire. Les objets étaient à la fois utiles, beaux et chargés de sens.

Fêtes, cérémonies et rites de passage

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Les Ashanti ont leur propre calendrier cérémoniel, dans lequel le passé est régulièrement ramené dans le présent.

Homowo, célébré par les Ga de la région du Grand Accra, commence par une histoire de faim. Selon la tradition ga, une terrible famine frappa un jour la communauté, et quand les pluies revinrent enfin et que la récolte fut abondante, les gens fêtèrent leur survie en « se moquant de la faim », le sens du nom Homowo. Le festival suit encore une série de rites traditionnels avant le début des célébrations publiques. L'un des plus frappants est une période pendant laquelle les tambours et le bruit sont interdits dans les communautés ga. Ce silence est voulu : il crée une pause pour les préparatifs rituels et la réflexion, avant le retour des bruits de la fête.

Quand le festival atteint son point culminant public, le silence laisse place aux tambours, à la danse, aux festins et aux cérémonies avec les chefs traditionnels et les communautés. La nourriture est au cœur de l'événement. Le kpokpoi, un plat fait surtout de pâte de maïs fermentée, est préparé spécialement pour Homowo et se mange traditionnellement avec une soupe de noix de palme. Préparer et partager la nourriture ne sert pas seulement à nourrir une foule : cela fait partie de la vie rituelle du festival, avec des offrandes et des cérémonies liées aux ancêtres et aux divinités. Homowo est donc à la fois une célébration de la survie et le récit, chaque année, de la façon dont les Ga se souviennent d'avoir surmonté l'épreuve.

Les Ashanti ont leur propre calendrier cérémoniel, dans lequel le passé est régulièrement ramené dans le présent. L'Akwasidae est célébré environ toutes les six semaines au palais de Manhyia à Kumasi, où l'Asantehene, le roi ashanti, siège en majesté et reçoit l'hommage des chefs et d'autres personnes venues au palais. Les tambours jouent des rythmes de cérémonie, des serviteurs portent les insignes royaux, et les gens se rassemblent dans des tenues traditionnelles élaborées. Ce n'est pas simplement une fête au sens moderne. C'est l'occasion d'honorer les ancêtres, de réaffirmer les liens entre l'Asantehene et les autorités traditionnelles, et de faire vivre une institution plus ancienne que l'État ghanéen moderne.

L'Adae Kese appartient à la même tradition cérémonielle akan, mais c'est une célébration plus grande et plus exceptionnelle, et non un autre nom de l'Akwasidae. Elle est historiquement liée à de grands moments de la vie politique et religieuse ashanti et réunit chefs, membres de la famille royale et communautés à une échelle qui dépasse les cérémonies habituelles de l'Akwasidae. Ensemble, ces célébrations montrent que l'histoire ashanti se conserve non seulement dans les livres ou les musées, mais à travers un calendrier qui continue de rassembler les gens autour de la royauté, des ancêtres et de la mémoire collective.

Et puis il y a les funérailles ghanéennes, qui peuvent compter parmi les rassemblements sociaux les plus élaborés du pays. Dans beaucoup de communautés, on ne s'attend pas à ce que les funérailles aient lieu juste après un décès. Les familles peuvent prendre des semaines pour tout organiser, réunir l'argent, prévenir les proches qui vivent ailleurs et préparer la cérémonie. Les personnes en deuil portent souvent un tissu funéraire imprimé spécialement pour l'occasion, portant parfois le nom ou le portrait du défunt, et le rassemblement peut durer plusieurs jours.

Il peut y avoir des prières, des discours, des tambours, de la danse, de la nourriture, de la musique, des photos exposées, et de grands rassemblements de parents, d'amis, de voisins, de collègues et de membres de la communauté. Le coût peut être considérable, surtout quand on attend des familles qu'elles fournissent nourriture, vêtements, transport, hébergement et le reste pour un grand nombre de personnes. Mais cette dépense est aussi liée à l'importance sociale de l'événement. Dans beaucoup de traditions ghanéennes, la mort ne marque pas seulement la disparition d'une personne de la communauté. Des funérailles bien faites sont un dernier adieu public, une façon d'honorer le mort, de rassembler les vivants et, dans les croyances traditionnelles, de marquer le passage de la personne vers le statut d'ancêtre.

Cela aide à comprendre pourquoi les funérailles ghanéennes peuvent sembler si différentes des deuils privés familiers dans de nombreuses régions du monde. Le chagrin est bien présent, mais aussi la fête, le souvenir, les obligations familiales, la musique, les vêtements, la nourriture et la communauté. Les funérailles deviennent une déclaration publique : la vie de cette personne a compté, et ses liens ne s'arrêtent pas simplement avec la mort.

Quand le tabouret représentait l'État

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Dans le système politique ashanti, le tabouret était étroitement lié à l'autorité de l'État lui-même.

Le Tabouret d'or était plus qu'un objet sacré gardé pour les cérémonies. Dans le système politique ashanti, le tabouret était étroitement lié à l'autorité de l'État lui-même. L'Asantehene régnait au nom du tabouret, mais ne le possédait pas personnellement. Quand un roi mourait, le tabouret restait. Quand un nouveau roi était installé, il héritait d'une institution et de son autorité, et non d'un bien appartenant à sa famille.

Cette idée aide à comprendre pourquoi le Tabouret d'or est devenu si important pendant la conquête britannique du pays ashanti. En 1900, le gouverneur britannique Frederick Hodgson a exigé d'avoir accès au tabouret, alors que la Grande-Bretagne cherchait à imposer son autorité aux Ashanti. Cette exigence était une provocation profonde, car le contrôle du tabouret était inséparable de la question de la souveraineté ashanti. Yaa Asantewaa, reine mère d'Ejisu, est devenue l'une des figures principales de la résistance qui a suivi, connue sous le nom de guerre du Tabouret d'or.

Cet épisode révèle quelque chose qu'on manque facilement en regardant le Tabouret d'or de l'extérieur. Son importance ne venait pas seulement de l'or. Il représentait une idée : l'autorité de l'État ashanti existait au-delà de la vie de chaque souverain. Un roi pouvait mourir. Un roi pouvait être destitué. Un roi pouvait être remplacé. Le tabouret restait.

C'est pourquoi l'exigence britannique a eu des conséquences bien plus graves qu'une simple dispute autour d'un objet royal. Les Britanniques avaient affaire à un système politique dans lequel la souveraineté avait reçu un symbole matériel capable de survivre à la personne assise sur le trône.

Le passé est toujours là

Dans cette section

Environ toutes les six semaines, l'Asantehene siège en majesté au palais de Manhyia pour l'Akwasidae.

Le moyen le plus simple de voir l'histoire du Ghana, c'est de regarder ce que les gens en font encore.

Le kente, autrefois tissé dans des communautés akan précises et étroitement lié à la vie royale et cérémonielle ashanti, se porte aujourd'hui bien au-delà du Ghana. Des étudiants qui reçoivent leur diplôme aux États-Unis, en Grande-Bretagne et ailleurs portent des étoles en kente, qu'ils aient des ancêtres ghanéens, un autre héritage africain ou aucune ascendance africaine. Beaucoup ne savent peut-être pas ce que signifient traditionnellement tel motif ou telle couleur, mais le tissu a pris un sens plus large : un lien visible avec l'héritage africain, la réussite et l'identité. Son parcours, des traditions de tissage ghanéennes à un symbole mondial, fait lui-même partie de l'histoire.

La relation du Ghana avec la diaspora africaine est aussi devenue de plus en plus visible. En 2019, le pays a lancé l'Année du retour (Year of Return) pour marquer les 400 ans de l'arrivée documentée d'Africains réduits en esclavage à Point Comfort, en Virginie, en 1619. L'initiative encourageait les personnes d'ascendance africaine à visiter le Ghana, à découvrir l'histoire de la traite et à explorer leurs liens avec le continent. Le Ghana a enregistré environ 1,1 million d'arrivées de visiteurs internationaux cette année-là, et en novembre 2019, 126 membres de la diaspora africaine ont reçu la nationalité ghanéenne dans le cadre de ce programme.

La même continuité s'entend dans la musique. Le highlife, qui a aidé à définir la musique populaire ghanéenne au XXe siècle, n'a pas été balayé par les sons plus récents. Ses rythmes et ses idées musicales continuent d'apparaître dans la musique ghanéenne contemporaine, à côté de l'afrobeats, du hip-hop, du gospel et d'autres influences. L'azonto, lui, a montré à quelle vitesse une danse et un style musical typiquement ghanéens pouvaient voyager au-delà du pays, à travers les clips, les réseaux sociaux, les fêtes et les téléphones, en Afrique et dans la diaspora.

Et à Kumasi, le passé continue selon son propre calendrier. Environ toutes les six semaines, l'Asantehene siège en majesté au palais de Manhyia pour l'Akwasidae. Les chefs viennent rendre hommage. Les tambours jouent. L'autorité traditionnelle est publiquement réaffirmée. Le Tabouret d'or reste sacré et personne ne s'assoit jamais dessus. Rien de tout cela n'est la reconstitution d'une chose disparue il y a des siècles. La cérémonie continue parce que l'institution elle-même continue.

C'est la même chose sur la côte. Le château de Cape Coast et le château d'Elmina ne sont pas seulement des lieux où les touristes viennent regarder de vieux murs. Ce sont des lieux où se rencontrent différentes versions de l'histoire du Ghana. Les élèves ghanéens découvrent les châteaux comme une partie de l'histoire de leur pays. Des visiteurs de la diaspora africaine peuvent parcourir les mêmes salles, les mêmes cachots et les mêmes couloirs en essayant de comprendre une histoire d'esclavage et de migration forcée qui a brisé des familles et effacé d'innombrables histoires individuelles.

C'est peut-être ce qui rend l'histoire du Ghana si frappante. Son passé ne se limite pas à des monuments avec des plaques expliquant ce qui s'est passé là. Il apparaît dans les tissus que les gens portent, les plats qu'ils préparent, les fêtes qu'ils célèbrent, la musique qu'ils créent, les chefs qu'ils reconnaissent encore et les cérémonies qui continuent de remplir les cours de Kumasi. Un pays devenu indépendant en 1957 peut encore porter des institutions, des traditions et des souvenirs vieux de plusieurs siècles.

Au Ghana, l'histoire n'est pas toujours quelque chose qu'on va voir quelque part.

Parfois, c'est ce qui se passe autour de vous.

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